Passionnant dossier préparé par l’EXPANSION (juillet-août 2007, p. 64 et s.) sur la « France gagnée par le virus du jeu ». Avec Saint Nicolas, les Français ont maintenant le choix pour traiter leur mal-être : soit, ils peuvent aller à l’église (ou au temple ou à la mosquée, peu importe le lieu, l’important est d’approcher dieu.) ; soit s’oublier dans le jeu d’argent..
Car vous l’avez compris depuis son escapade sur le yacht à « 17.000 ans de SMIC », M. le président soutient ses amis, notamment le propriétaire du Fouquet’s, M. DESSEIGNE et le groupe BARRIERE.
A Toulouse aussi, les amis de Sarko (M. Moudenc) aiment bien les amis du Président.
UNE ACTIVITE SUR-RENTABLE
A la lecture de l’EXPANSION, on apprend beaucoup de choses.
En 2005, le produit brut des jeux du groupe Barrière-Accord était de 811 millions d’euros (n° 1 France), quand on connaît les marges confortables de la profession, on ne peut que se réjouir de cette activité qui porte haut les couleurs de la France.
Dans son article Christian David souligne que « les paris d’argent sont sans doute l’activité récréative la plus populaire du pays : près de 30 millions de personnes, soit un habitant sur deux, y succombent chaque année. Le total des mise est pharaoniques : 35,8 milliards d euro. C’est trois plus que le PIB de l’Estonie ».
Pour mémoire, le chiffre d’affaires d’AIRBUS en 2006 était de l’ordre 39 milliards d’euro !
L’addiction aux jeux ou l’enfer du jeux
Dans son article intitulé « ces accros qui restent au tapis », Isabelle Hennebelle souligne les dangers des jeux de casino : « détresse morale, dégringolade financière, ruptures sociales et familiales : de plus en plus de Français sont victimes de dépendance au jeu. Une « épidémie » qui mobilise encore peu les pouvoirs publics ». Et pour cause, l’un des premiers à profiter de la manne, c’est l’Etat français et ensuite les communes, ces tartuffes des temps mordernes.
Certains témoignages sont éloquents : « Thomas, deux ans et demi, hurle de terreur. Depuis la banquette arrière de la voiture, il voit la route défiler à toute allure. « Maman arrête, arrête ! ». Au volant, sa mère, hagarde, accélère. « J’avais décidé d’en finir… à cause du jeu », se souvient Carole, cadre d’une grande entreprise. « c’est le cri strident de Thomas qui m’a sortie de mon délire, j’ai freiné in extremis ». Elle poursuit : » ce jour là, pour me payer ma dose au casino, je venais de voler de l’argent à mes parents ». Pour cette quadra, l’enfer du jeu est une réalité ».
A Toulouse, ils ont tout prévu. Le casino est construit sur une île entre deux bras de Garonne. Comme cela, le jour malchanceux, malheureux et suicidaire pourra se jeter à l’eau. Définitivement.
L’article se poursuit et souligne une information importante « Issus de tous les milieux, les joueurs pathologiques ont un point commun : la souffrance. « Le casino, c’est la cour des miracles », atteste Pauline, ancienne chargé d’études qui a passé jusqu’à 24h d’affilée à jouer au casino. « J’étais à un degré de la folie totale ! J’avais l’illusion de contrôler la machine, je croyais qu’on faisait une compétition tous les deux » .
Et pourtant, il faut savoir que ces machines électroniques (et non pas mécaniques comme dans l’ancien temps) sont programmés pour faire perdre.
Chaque partie est unique et déconnectée de la précédente. Ce n’est pas parce que 1000 parties ont été perdues que la 1001e sera gagnante.
Ensuite, la machine est programmée pour offrir un taux de retour. C’est à dire qu’il y des gagnants (il en faut pour devenir accros) mais sur une année d’exploitation, la machine ne ristourne que 93 % des sommes misées. Autrement dit, vous misez 100 € et vous ne récupérez que 93 €. Mais comme vous êtes des milliers à parier, il peut y avoir 999 personnes qui perdent 100 € et 1 seule qui gagne. Au total, le casino aura gagné quoi qu’il arrive 100 € x 1.000 x 7 % = 7.000 €
Vous l’avez compris, les jeux sont faits. D’avance. Et la chance n’existe pas.
Dans son article, Isabelle Hennebelle rapporte le constat du Dr Valleur, médecin-chef de l’hôpital de Marmotan (spécialisé dans les toxicomanies) : « Le jeu est la plus contradictoire des addictions car il est à la fois transgression et refuge ».
Ami joueur, toi qui entre dans le temple du jeu, n’oublie pas que tu es manipulé. Par la lumière, le bruit, l’alcool, la programmation des machines à sous, tout est prévu pour que tu dépenses un peu, allez, un tout petit peu, encore un petit peu, ce n’est qu’un peu, un tout petit peu, encore un peu, cette fois c’est la bonne, oui j’ai gagné la dernière fois, ma chance revient, encore un peu de patience, cinq minutes monsieur le bourreau, je joue ma vie au quitte ou double.
Ami joueur, n’oublie quels sont les trois phases du jeu pathologique : tu commences par gagner un gros gain, puis tu perds et enfin tu t enfermes dans le désespoir.
Ami Joueur, n'oublie pas ta famille, ceux qui t'aiment. Oublie les patrons du CAC 40, les amis de Sarko et de Moudenc qui s'enrichissent de tes malheurs, refuse cet impôt sur la misère. Et oui, je suis d'accord avec Olivier Besancenot lorsqu'il clame "Ta vie vaut mieux que leur profit !"
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